Chens-sur-Léman - Tougues

Country/Area

Community

Chens-sur-Léman

Place name

Tougues

Type of site

UNESCO-World Heritage Site (WH / S1)

Last edited by

admin

Last update

Thu, 02/19/2015 - 17:16

Responsible for site

Colette LAROCHE
chargée du suivi scientifique et technique du Bien.
SRA DRAC Rhône-Alpes
Le Grenier d'Abondance
6 quai Saint-Vincent
69283 LYON cedex 01
Tel : (33) 1 04 72 00 44 90
colette.laroche@culture.gouv.fr

Administrative contact

Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes quai Saint-Vincent F - 69283 Lyon Cedex 01
Extension (ha): 
0,93
Height above sea level (m): 
369,00

Map of pile dwelling sites

Dating text

A Tougues, les datations indiquent une durée minimale d'occupation durant plus de 210 années : Ens.1 : de -910 à -859, Ens.2: de -1017 à -962 ou -943, Ens.3 : de -1071 à -1038 ou -1028 (Analyses LRD & Archéolabs). Les mobiliers céramiques appartiennent aux phases moyenne et récente du Bronze final alpin (BF 2b, BF 3a, transition BF 3a/3b) ; ils sont d'abord marqués par les influences RSFO qui disparaissent peu à peu vers la fin de l'occupation. / A Tougues, les datations indiquent une durée minimale d'occupation durant plus de 210 années : Ens.1 : de -910 à -859, Ens.2 : de -1017 à -962 ou -943, Ens.3 : de -1071 à -1038 ou -1028 (Analyses LRD & Archéolabs). Les mobiliers céramiques appartiennent aux phases moyenne et récente du Bronze final alpin (BF 2b, BF 3a, transition BF 3a/3b) ; ils sont d'abord marqués par les influences RSFO qui disparaissent peu à peu vers la fin de l'occupation.

Description

En 1878, L. Revon, le conservateur du Musée d'Annecy, publie le premier véritable inventaire des trouvailles lacustres du département qui montre combien la découverte de la préhistoire régionale est dominée par la récolte des objets (Revon 1878). Les gisements de la commune de Chens-Cusy y sont inventoriés (une première description en avait été faite dans Troyon 1860). En 1904, dans une imposante monographie limnologique du Léman, F.-A. Forel dresse la carte des stations lémaniques en intégrant celles de la rive savoyarde (11 stations). Dès 1937-1938, des pionniers, le Pr. J.-J. Pittard à La Vorze, emploie à des fins archéologiques l'appareil de plongée autonome inventé vers 1930. En 1976, l'inventaire général des lacs alpins français est repris dans le livret-guide de l'excursion A9 du IXe Congrès de l'UISPP (Bocquet, Laurent 1976). A partir de là, notamment suite à la création du CNRAS en 1980, les plongées sous-lacustres régionales vont s'intensifier. Sur le littoral communal de Chens-sur-Léman, le site de Tougues, menacé par un projet d'aménagement portuaire, a fait l'objet d'un sondage en 1987 (Marguet 1987) puis de prospection en 1988 (Billaud, Marguet 1992). Compte tenu de son intérêt scientifique, il est protégé juridiquement au titre des Monuments Historiques (Arrêté du 31.10.1997). Les gisements au large de ce territoire seront ensuite revisités lors des campagnes menées, de 1995 à 1997, dans le cadre de l'élaboration de la carte archéologique des gisements haut-savoyards (Marguet 1995, 1996, 1997). Au printemps 2006, des repères sont implantés sur le site de Tougues pour aider à mesurer l'action érosive des vagues (Marguet 2008). Le littoral communal de Chens-sur-Léman est long d’environ 4750 m. Il est riche en vestiges d’habitats du Néolithiquel et de l’âge du Bronze. Parmi ceux-ci, le gisement de Tougues, dont la valeur patrimoniale avait été démontrée il y a une vingtaine d'années à l'occasion d’un sondage subaquatique préalable à un projet portuaire, est probablement le gisement de cette période le mieux conservé sur le pourtour lémanique. Il contient encore des couches organiques préservées sur 2700 m² et des pilotis sont visibles sur près de 4000 m². Les datations indiquent une durée minimale d'occupation durant plus de 210 années : Ens.1 : de -910 à -859, Ens.2 : de -1017 à -962 ou -943, Ens.3 : de -1071 à -1038 ou -1028 (Analyses LRD & Archéolabs). Recueillis en stratigraphie, les mobiliers sont bien calés chronologiquement. Dans l’ensemble inférieur, les céramiques de la phase moyenne du Bronze final alpin (BF 2b) sont marquées par les influences RSFO. Dans l’ensemble médian, les mobiliers sont globalement semblables à ceux de l’ensemble précédent mais ils présentent des variations qui traduisent une diminution des caractères Rhin-Suisse et proposeraient une attribution chrono-typologique au BF 3a. Enfin, ceux de l’ensemble supérieur, malgré quelques traits communs encore identifiables, marquent une rupture typologique à la transition Bronze final 3a/3b. Protégés juridiquement au titre des Monuments Historiques, les vestiges palafittiques de Tougues ne sont pas pour autant à l’abri d’une irrémédiablement destruction. En effet, les aménagements littoraux, l'abaissement du niveau du lac les années bissextiles, la régression des roselières, certaines pratiques plaisancières, etc. modifient la dynamique des courants sur les rives et accentuent l'érosion des fonds faiblement immergés (profondeur moyenne du gisement –2,9 m). Pour y remédier, une première expérimentation d'une protection physique par recouvrement d'un géotextile recouvert de graviers calibrés est à l'étude (les dernières prospections vont justement dans ce sens). Malgré la sensibilité et la fragilité, le potentiel des gisements lémaniques savoyards est indéniable, notamment pour notre connaissance des phases culturelles des périodes d’occupation (géographiquement, la rive sud du Léman est un jalon important pour les relations et les échanges rhodaniens avec le Valais). Ils détiennent aussi un fort potentiel archéologique, principalement pour la compréhension de l’organisation architecturale de leurs structures. / En 1878, L. Revon, le conservateur du Musée d'Annecy, publie le premier véritable inventaire des trouvailles lacustres du département qui montre combien la découverte de la préhistoire régionale est dominée par la récolte des objets (Revon 1878). Les gisements de la commune de Chens-Cusy y sont inventoriés (une première description en avait été faite dans Troyon 1860). En 1904, dans une imposante monographie limnologique du Léman, F.-A. Forel dresse la carte des stations lémaniques en intégrant celles de la rive savoyarde (11 stations). Dès 1937-1938, des pionniers, le Pr. J.-J. Pittard à La Vorze, emploie à des fins archéologiques l'appareil de plongée autonome inventé vers 1930. En 1976, l'inventaire général des lacs alpins français est repris dans le livret-guide de l'excursion A9 du IXe Congrès de l'UISPP (Bocquet, Laurent 1976). A partir de là, notamment suite à la création du CNRAS en 1980, les plongées sous-lacustres régionales vont s'intensifier. Sur le littoral communal de Chens-sur-Léman, le site de Tougues, menacé par un projet d'aménagement portuaire, a fait l'objet d'un sondage en 1987 (Marguet 1987) puis de prospection en 1988 (Billaud, Marguet 1992). Compte tenu de son intérêt scientifique, il est protégé juridiquement au titre des Monuments Historiques (Arrêté du 31.10.1997). Les gisements au large de ce territoire seront ensuite revisités lors des campagnes menées, de 1995 à 1997, dans le cadre de l'élaboration de la carte archéologique des gisements haut-savoyards (Marguet 1995, 1996, 1997). Au printemps 2006, des repères sont implantés sur le site de Tougues pour aider à mesurer l'action érosive des vagues (Marguet 2008). Le littoral communal de Chens-sur-Léman est long d’environ 4750 m. Il est riche en vestiges d’habitats du Néolithiquel et de l’âge du Bronze. Parmi ceux-ci, le gisement de Tougues, dont la valeur patrimoniale avait été démontrée il y a une vingtaine d'années à l'occasion d’un sondage subaquatique préalable à un projet portuaire, est probablement le gisement de cette période le mieux conservé sur le pourtour lémanique. Il contient encore des couches organiques préservées sur 2700 m² et des pilotis sont visibles sur près de 4000 m². Les datations indiquent une durée minimale d'occupation durant plus de 210 années : Ens.1 : de -910 à -859, Ens.2 : de -1017 à -962 ou -943, Ens.3 : de -1071 à -1038 ou -1028 (Analyses LRD & Archéolabs). Recueillis en stratigraphie, les mobiliers sont bien calés chronologiquement. Dans l’ensemble inférieur, les céramiques de la phase moyenne du Bronze final alpin (BF 2b) sont marquées par les influences RSFO. Dans l’ensemble médian, les mobiliers sont globalement semblables à ceux de l’ensemble précédent mais ils présentent des variations qui traduisent une diminution des caractères Rhin-Suisse et proposeraient une attribution chrono-typologique au BF 3a. Enfin, ceux de l’ensemble supérieur, malgré quelques traits communs encore identifiables, marquent une rupture typologique à la transition Bronze final 3a/3b. Protégés juridiquement au titre des Monuments Historiques, les vestiges palafittiques de Tougues ne sont pas pour autant à l’abri d’une irrémédiablement destruction. En effet, les aménagements littoraux, l'abaissement du niveau du lac les années bissextiles, la régression des roselières, certaines pratiques plaisancières, etc. modifient la dynamique des courants sur les rives et accentuent l'érosion des fonds faiblement immergés (profondeur moyenne du gisement –2,9 m). Pour y remédier, une première expérimentation d'une protection physique par recouvrement d'un géotextile recouvert de graviers calibrés est à l'étude (les dernières prospections vont justement dans ce sens). Malgré la sensibilité et la fragilité, le potentiel des gisements lémaniques savoyards est indéniable, notamment pour notre connaissance des phases culturelles des périodes d’occupation (géographiquement, la rive sud du Léman est un jalon important pour les relations et les échanges rhodaniens avec le Valais). Ils détiennent aussi un fort potentiel archéologique, principalement pour la compréhension de l’organisation architecturale de leurs structures.

Bibliography comment

Histoire des recherches : Troyon 1860 ; Revon 1878, 24-28 ; Forel 1904, 409-509 ; Pittard 1938, 418-496 ; Bocquet 1976, 139-145 ; Marguet 1987 ; Billaud, Marguet 1992, 311-347 ; Corboud 1997 ; Marguet 1995, 48-52 ; Marguet 1996, 37-47 ; Marguet 1997, 48-68 ; Marguet 1999, Marguet 2007, 73-77 ; Billaud, Marguet 2006, 98-109 ; Marguet 2008, 236-237. Etudes archéologiques et environnementales, compilation dans : Billaud, Marguet 1992, 311-347 ; Corboud 1998, 53-66 ; Marguet 1999, 459-481 ; Launay 2001 ; Billaud, Marguet 2007, 211-225 ; Magny et al. 2007, 13-28 ; Marguet, rey 2007, 335-362 ; Marguet et al. 2008, 225-252.