Saint-Pierre-de-Curtille - Hautecombe

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Saint-Pierre-de-Curtille

Place name

Hautecombe

Type of site

UNESCO-World Heritage Site (WH / S1)

Last edited by

admin

Last update

Thu, 02/19/2015 - 17:16

Responsible for site

Colette LAROCHE
chargée du suivi scientifique et technique du Bien.
SRA DRAC Rhône-Alpes
Le Grenier d'Abondance
6 quai Saint-Vincent
69283 LYON cedex 01
Tel : +33 1 04 72 00 44 90
colette.laroche@culture.gouv.fr

Administrative contact

Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes quai Saint-Vincent F - 69283 Lyon Cedex 01

Dating

Years BC

Extension (ha): 
0,96
Height above sea level (m): 
227,00

Map of pile dwelling sites

Dating text

Jalon important pour notre connaissance des premières occupations littorales dans nos régions, ce gisement du Néolithique moyen, le plus vieux actuellement connu au lac du Bourget (quelques pilotis sont datés par le radiocarbone (5055±60 BP, soit -3990/-3700 cal. BC) et par la dendrochronologie (séquence Archéolabs située, avec réserve, entre les années –3896 et -3842). / Pour le Bronze final 2b/3a, période peu représentée, l’étude dendrochronologique n’amène que quelques dates, vers -1073 à -1068 (les mobiliers de cette phases ne sont pas identifiés dans les travaux récents). Par contre les résultats dendrochronologiques obtenus pour le Bronze final 3b sont importants ; les phases d’abattages sont régulières, de -990 à -805, en bonne conformité avec les abondants mobiliers découverts en stratigraphie. La date récente de -805 donne un nouveau repère pour les gisements de la fin du Bronze final ; pour le moment, seul le lac du Bourget connaît cette ultime phase d'occupation littorale.

Description

Signalé dès le XIXe siècle (Rabut 1864), puis redécouvert à la fin des années 1980 par carottages (des débris organiques sont préservés sur 160 m de long par 60 m de large), le gisement a été régulièrement revisité. En 1989, un petit sondage a été fait par le CNRAS (2 m²). Les décapages stratigraphiques ont mis au jour un niveau organique préservé sur 40 cm d'épaisseur (Marguet coll. 1995). Des carottages ont également été prélevés ; ils permettent de mieux comprendre la dynamique holocène du lac (Magny, 1991). En 1993, d''autres prélèvements de pilotis ont été faits pour assurer la validation des premières analyses (Marguet coll. 1995). En 2008, une courte campagne subaquatique de caractérisation des conditions d’installation de l’habitat palafittique a été menée en collaboration avec les paléoclimatologues de l'Université de Savoie (Marguet coll. 2008). Le gisement se trouve au sud de la presqu'île occupée par l'abbaye de Hautecombe, dans une petite anse protégée des vents dominants. Les vestiges sont localisés sur la plate-forme (profondeur -3,4 m), à une centaine de mètres du rivage actuel. Pour la datation des structures archéologiques, quarante-sept bois ont été prélevés en 1993 (32 m²). Pour les chênes, l'analyse dendrochronologique confirme la séquence initiale de 1989. Des phases d'abattages sont proposées, avec réserve, en -3842 et vers -3835 et -3830. Une autre courte séquence est calée par le radiocarbone (Arc.1022 : 4540±50 BP, soit -3375/-3040 cal. BC) ; elle suggère une occupation plus récente, au Néolithique moyen/récent. Globalement, la série céramique de Hautecombe résulte d’une évolution locale d’influences Cortaillod et chasséennes intégrant quelques composantes NMB assez réduites. Ces comparaisons sont cohérentes avec les dates 14c et les abattages proposés (Marguet, Rey 2007). Jalon important pour notre connaissance des premières occupations littorales dans nos régions, ce gisement du Néolithique moyen, le plus vieux actuellement connu au lac du Bourget, est l'un des rares pour cette période à contenir encore des couches organiques conservées. En mai 2004, une courte campagne a permis d'autres prélèvements sédimentaires. Quarante-cinq carottages ont été prélevés. Ils contiennent, sur une emprise d'au moins 1400 m², des niveaux végétaux préservés. / Repérée dès 1862, la station a fait l'objet, à la fin du XIXe siècle, d'importantes 'pêches aux antiquités lacustres, aussi fructueuses que désordonnées (Rabut 1864 ; Perrin 1870 ; Congrès 1909 ; Coutil 1915). Les premières observations in situ ont été réalisées dès les années 1950, par les précurseurs de l'archéologie subaquatique régionale. Elles restèrent limitées et le site sera même considéré comme totalement bouleversé dans une synthèse des sites savoyards (Bocquet, Laurent 1976). A la suite des évaluations stratigraphiques récentes menées par Y. Billaud (prospection en 1994, diagnostic préventif en 2002, fouilles programmées de 2002 à 2005), cette vision est largement corrigée (Billaud 1995, Billaud coll. 2003, Billaud, Treffort 2004, Billaud 2005). Sur ce littoral, Le Saut de la Pucelle, est le site principal du territoire communal proposé dans la liste indicative. Aujourd’hui recouvert par 2 à 5 m d’eau, la station est implantée en limite de la plate-forme, sur une légère avancée topographique. Des prospections, un diagnostic préalable à l’aménagement de la rive puis des opérations programmées d’évaluation y ont été menées récemment par Y. Billaud (en 1994, de 2002 à 2005). A la suite de ces travaux, notamment des sondages stratigraphiques et des prélèvements pour l’étude dendrochronologique, il s’avère que ce site est le plus vaste et l’un des mieux préservés pour les phases récentes du Bronze final alpin. L’épaisseur des couches atteint 70 cm en certains endroits ; leur extension est mise en évidence sur une grande emprise de 190 m de long et 75 m transversalement. La zone des pieux, bordée côté rive par des palissades de piquets, couvre environ 9000 m². Pour le Bronze final 2b/3a, période peu représentée, l’étude dendrochronologique n’amène que quelques dates, vers –1073 à –1068 (les mobiliers de cette phases ne sont pas identifiés dans les travaux récents). En 2004, une double palissade de petits piquets érodés ou cassés a été observée ; leur analyse par le radiocarbone a donné le date de 2945 45 BP, soit -1310-1000 cal. BC. Cette date s'inscrit dans cette phase moyenne du Bronze final alpin (Billaud 2005 ; Billaud, Treffort 2004). Par contre les résultats dendrochronologiques obtenus pour le Bronze final 3b sont importants ; les phases d’abattages sont régulières, de –990 à –805, en bonne conformité avec les abondants mobiliers , principalement céramiques, découverts en stratigraphie. La date très récente de -805 donne un nouveau repère pour les gisements de l'extrême fin du Bronze final ; pour le moment, seul le lac du Bourget connaît cette ultime phase d'occupation littorale. Sur le plan des matériels archéologiques, on souignera la découverte, en 2002, d'un spectaculaire brancard en bois, plusieurs objets en matière périssable (vanneire, anneau en sparterie, manche de herminette en bois, etc.) et des éléments d'un four de type Sévrier dont la fouille est envisagée ultérieurement (Billaud 2005 ; Billaud, Treffort 2004).

Bibliography comment

Historiques des recherches : Rabut 1864, 85-98 ; Perrin 1870 ; Congrès 1909, 911-945 ; Bocquet, Laurent 1976, 139-145 ; Magny 1991, 455-465 ; Rey 1999 ; Marguet 1995, 112 ; Marguet coll. 1995, 167-196 ; Marguet 2002, 117-137 ; Marguet 2004, 113-125 ; Marguet 2006, 128-129. Etudes : Magnt 1991, 455-465 ; Marguet et al. 1993, 26-27 ; Marguet coll. 1995, 167-196 ; Rey 1999 ; Chapron et al. 2007, 45-55 ; Marguet, Rey 2007, 335-362 ; Marguet coll. 2008, 35-48 ; Marguet et al. 2008, 225-252.